Les jours fériés, moments clés du calendrier professionnel français, suscitent toujours une interrogation particulière lorsqu’il s’agit des salariés en intérim. Face à des contrats temporaires souvent courts et fluctuants, les questions sur leur traitement, notamment en matière de salaire, deviennent essentielles. De fait, les règles de rémunération des jours fériés pour un salarié en intérim diffèrent parfois de celles des salariés permanents, même si la législation cherche à garantir une certaine égalité des droits. Entre conditions d’ancienneté, obligations de travail ou encore spécificités des entreprises utilisatrices, il est crucial de dissiper les zones d’ombre. Cet éclairage s’appuie sur le cadre juridique en vigueur en 2025, ainsi que sur la dimension pratique observée sur le terrain par les professionnels des ressources humaines et des agences d’intérim.
Pour bien comprendre la question du paiement des jours fériés en intérim, il faut examiner les droits reconnus par le droit du travail, les obligations pesant sur l’employeur et le salarié, ainsi que les particularités du contrat temporaire. Ce panorama comprend aussi des cas spécifiques, comme le fameux 1er mai, seul jour férié légalement chômé, et les notions difficiles à appréhender comme les ponts ou périodes de congés. En synthèse, entre compréhension fine des textes et application concrète sur le terrain, voici ce que tout salarié temporaire, employeur ou agence d’intérim devrait savoir en matière de rémunération lors des jours fériés.
Les jours fériés en intérim : cadre légal et notions clés pour la rémunération
La législation française distingue aujourd’hui 11 jours fériés légaux. Parmi eux, seul le 1er mai bénéficie d’un statut obligatoire de jour chômé rémunéré, ce qui le rend unique dans le paysage du travail temporaire. Pour les autres jours, le droit du travail prévoit qu’ils peuvent être travaillés ou chômés en fonction des dispositions de l’entreprise utilisatrice ou des accords collectifs existants.
Dans la pratique, un salarié intérimaire peut être amené à travailler un jour férié si l’entreprise reste ouverte et si les salariés permanents effectuent un travail ce jour-là. Cette situation est courante dans certains secteurs – la logistique, la grande distribution, ou encore la santé – où la continuité du service prime.
Les jours fériés légaux en France sont :
- 1er janvier (Jour de l’An) 🎉
- Lundi de Pâques ✝️
- 8 mai (Victoire 1945) 🇫🇷
- Ascension 🚶♂️
- Lundi de Pentecôte 🕊️
- 14 juillet (Fête nationale) 🎇
- Assomption 🌟
- 1er novembre (Toussaint) 🍂
- 11 novembre (Armistice 1918) 🕯️
- 25 décembre (Noël) 🎄
- 1er mai (Fête du Travail) : jour obligatoirement chômé et payé 💼
Ces jours peuvent être chômés ou travaillés sauf pour le 1er mai. Selon le secteur et l’accord collectif applicable, le traitement est différent, notamment en matière d’indemnisation. Il faut donc impérativement bien se référer aux conventions collectives et à la politique de l’entreprise utilisatrice.
Sur le terrain, une règle essentielle à retenir est l’égalité de traitement : l’intérimaire bénéficie des mêmes droits aux jours fériés que les salariés permanents de l’entreprise où il est en mission. Cette égalité s’applique notamment au niveau du paiement et des conditions de travail. Les agences d’intérim veillent souvent à rappeler cette notion aux salariés et employeurs pour prévenir toute discrimination.
| Point clé 📌 | Pour les salariés permanents | Pour les salariés intérimaires |
|---|---|---|
| Jour férié obligatoire chômé | 1er mai uniquement | Identique |
| Possibilité de travail un jour férié | Selon secteur et accord | Même conditions que permanents |
| Rémunération des jours fériés chômés | Avec ou sans condition d’ancienneté | Aucune condition d’ancienneté |
| Majoration pour jour férié travaillé | Variable, parfois prévue par convention collective | Suivi du même régime que permanents |

Les conditions exactes de paiement des jours fériés en intérim et leur application pratique
Un sujet fréquemment interrogé sur le terrain concerne le paiement des jours fériés pour les salariés en intérim. La législation est claire : dès lors que les salariés permanents bénéficient du paiement des jours fériés dans l’entreprise utilisatrice, les intérimaires doivent, eux aussi, être rémunérés pour ces jours, sans condition d’ancienneté. Cette spécificité de la rémunération en intérim contraste nettement avec la règle classique qui impose aux salariés permanents d’avoir parfois une ancienneté minimale – généralement trois mois – pour y prétendre.
Il est important de souligner que le droit du travail impose cette égalité, indépendamment de la durée de la mission temporaire en cours chez l’entreprise. Autrement dit, même un contrat intérimaire ponctuel de quelques jours peut ouvrir droit à la rémunération d’un jour férié chômé si celui-ci se situe dans la période de mission, et si les salariés permanents bénéficient eux-mêmes de ce paiement.
Voici les conditions clés pour la rémunération d’un jour férié en intérim :
- Le jour férié doit tomber pendant la durée du contrat temporaire ⏳
- Les salariés permanents ont droit au paiement de ce jour férié dans l’entreprise 🏢
- Aucune condition d’ancienneté n’est requise pour l’intérimaire 📅
- Le travail le jour férié n’est pas systématiquement rémunéré avec majoration, sauf spécificité conventionnelle 💰
- Le 1er mai est toujours rémunéré et chômé, sauf exceptions rares liées à la nature de l’activité ⚠️
Dans la pratique, de nombreux intérimaires s’étonnent parfois du fait qu’un jour férié non travaillé soit payé sans que la loi n’impose qu’ils aient travaillé la veille ou le lendemain du jour chômé. Cette particularité protège le salarié temporaire, qui ne peut être pénalisé par les variations naturelles de sa mission.
| Situation du jour férié 🎯 | Rémunération intérimaire | Précisions |
|---|---|---|
| Jour férié pendant la mission | Payé sans condition d’ancienneté | Si salariés permanents payés |
| Jour férié entre deux missions | Payé si même entreprise et poste + travail veille et lendemain | Sinon non payé |
| Jour férié le jour de repos | Non rémunéré | Considéré comme absence normale |
| Jour férié pendant congés / arrêt maladie | Non rémunéré | Jour férié non payé en cas d’absence |
Dans un exemple concret sur le terrain, une mission intérimaire couvrant du 6 au 11 mai 2025 permet au salarié d’être rémunéré pour le 8 mai, jour férié chômé, même s’il n’a pas travaillé les 7 ou 9 mai, alors que s’il ne faisait pas partie de la mission à cette date, il ne percevrait rien pour ce jour.
Les spécificités du 1er mai pour un salarié en intérim : un statut à part
Le 1er mai constitue un cas particulier dans le droit français : ce jour férié est obligatoirement chômé et rémunéré pour tous les salariés, qu’ils soient permanents ou intérimaires. Cette règle vise à valoriser la fête du travail comme une journée symbolique et protégée.
Toutefois, pour certaines entreprises aux nécessités spécifiques – hôpitaux, services de sécurité, industrie continue – des dérogations existent. Dans ces cas, les salariés intérimaires peuvent être amenés à travailler ce jour-là, avec une rémunération majorée selon les règles en vigueur dans l’entreprise ou prévues par la convention collective.
Points essentiels à retenir concernant le 1er mai :
- Jour chômé et payé obligatoirement pour tout salarié intérimaire 🛑
- Exception éventuelle dans les secteurs où la continuité est nécessaire ⛑️
- Rémunération pouvant inclure une majoration dans ce cadre spécifique 💸
- Impératif d’égalité de traitement avec les salariés permanents 👥
| Situation 🔍 | Application pour un salarié intérimaire | Commentaires |
|---|---|---|
| Entreprise fermée | Jour chômé et payé | Respect du droit commun |
| Entreprise ouverte pour service continu | Travail possible avec majoration | Conformité convention collective |
| Mission intérim durant le 1er mai | Indemnité versée même sans travail | Couvre tous les intérimaires en mission |
Sur le terrain, cette obligation crée un repère clair pour les managers et agences d’intérim qui doivent anticiper les plannings des intérimaires et leur adapté les contrats en conséquence, notamment afin de garantir la juste rémunération.
Pont, congés et jours fériés en intérim : ce qu’il faut savoir pour éviter les erreurs de paie
La question des ponts reste souvent confuse pour les salariés en contrat temporaire. Contrairement aux salariés permanents qui peuvent bénéficier de jours de récupération lorsqu’un jour férié est proche d’un week-end, la situation en intérim dépend essentiellement des clauses spécifiques du contrat et des accords d’entreprise.
Si le salarié intérimaire a droit à des RTT (Réduction du Temps de Travail), alors les jours fériés ou de pont peuvent lui être payés et déduits de son compteur. Dans le cas contraire, les jours de pont ne seront pas rémunérés. Cette différence corrèle avec l’équilibre propre à chaque organisation et au type de contrat mis en place.
De même, un jour férié qui tombe pendant une période de congés payés ou une absence (arrêt maladie, par exemple) ne donne pas lieu au paiement ou à une indemnisation spécifique pour l’intérimaire. Cette règle simple respecte la logique de l’absence justifiée.
- 📝 Les jours de pont : doivent être explicitement prévus dans le contrat ou l’accord collectif.
- 📝 Les RTT permettent parfois d’intégrer ces jours dans le calcul de la rémunération.
- 📝 Les absences prolongées excluent la rémunération du jour férié tombant pendant la période.
- 📝 L’intérimaire doit vérifier la politique de l’entreprise utilisatrice pour éviter les malentendus.
| Situation ⚖️ | Conséquence pour intérimaire | Notes |
|---|---|---|
| Jour férié + pont explicitement payé | Jour rémunéré et déduit des RTT | Appliqué si RTT existe |
| Jour férié + pont non payé | Pas de paiement | Courant en cas de pas de RTT |
| Jour férié durant congés / arrêt maladie | Jour non payé | Jour férié non rémunéré |
Lors d’une mission dans une PME industrielle, une situation a été observée où un intérimaire n’avait pas été payé pour un pont parce que le contrat temporaire ne prévoyait pas cette possibilité. Ce cas illustre parfaitement la nécessité d’une vigilance contractuelle et d’un management humain pour éviter le malentendu et préserver l’employabilité du salarié en intérim.
Les implications pratiques pour les agences d’intérim et les entreprises utilisatrices
Les agences d’intérim jouent un rôle pivot pour garantir la conformité du paiement des jours fériés et la bonne application des règles de droit du travail. Elles doivent informer le salarié temporaire des droits et devoirs qui s’appliquent, notamment en matière de jours fériés, en tenant compte du contrat temporaire et des conventions collectives applicables. Leur mission est également d’accompagner les entreprises utilisatrices afin qu’elles respectent scrupuleusement l’égalité de traitement entre permanents et intérimaires, ce qui dans le contexte actuel de 2025 reste un enjeu sensible.
Pour les entreprises, l’enjeu est double : optimiser la gestion des ressources humaines tout en garantissant un climat social respectueux. Une mauvaise compréhension des règles sur les jours fériés peut générer des conflits internes et une perte de motivation notable chez les salariés intérimaires. Les chiffres ne mentent pas, mais ils ne disent pas tout : au-delà des aspects financiers, une gestion transparente et pédagogique des jours fériés participe à la fidélisation des talents temporaires.
Les bonnes pratiques recommandées pour les agences et entreprises :
- 🧐 Informer clairement les salariés intérimaires de leurs droits dès la signature du contrat.
- 📄 Vérifier la cohérence des accords d’entreprise et des conventions collectives applicables.
- 🤝 Appliquer strictement l’égalité de traitement entre permanents et intérimaires.
- 📊 Anticiper les besoins de planification des jours fériés dans les contrats temporaires.
- 👥 Former les managers à la gestion humaine pour limiter les conflits liés aux jours fériés.
| Acteur concerné 🎯 | Rôle spécifique 🛠️ | Résultat attendu 🏆 |
|---|---|---|
| Agences d’intérim | Information et accompagnement des intérimaires | Droits respectés, bonnes relations |
| Entreprises utilisatrices | Application des règles de paie et égalité de traitement | Climat social apaisé |
| Managers terrain | Gestion humaine et planification | Motivation maintenue |
Une anecdote lors d’une mission à Grenoble illustre bien ce point : un manager avait d’abord omis d’expliquer aux intérimaires la rémunération des jours fériés, créant un malentendu générateur de frustration. Le simple fait de clarifier ces droits a permis un équilibre entre stratégie et pragmatisme dans la gestion RH.
Un salarié intérimaire a-t-il droit aux jours fériés payés sans condition d’ancienneté ?
Oui, un salarié intérimaire bénéficie des jours fériés payés dès lors que les salariés permanents en bénéficient dans l’entreprise utilisatrice, sans condition d’ancienneté.
Le 1er mai est-il toujours un jour chômé et payé pour un intérimaire ?
Oui, le 1er mai est un jour férié légalement chômé et payé obligatoirement pour tous les salariés intérimaires, sauf exceptions liées à la nature de l’activité.
Un intérimaire doit-il travailler la veille et le lendemain du jour férié pour avoir droit à indemnisation ?
Non, l’intérimaire est rémunéré pour un jour férié chômé situé dans sa mission sans qu’il soit nécessaire d’avoir travaillé la veille ou le lendemain.
Les jours fériés non travaillés pendant une période d’absence sont-ils payés en intérim ?
Non, les jours fériés qui tombent pendant une absence justifiée, comme un arrêt maladie ou congés payés, ne sont pas rémunérés pour un salarié intérimaire.
Comment sont gérés les ponts en intérim ?
Les ponts en intérim sont payés uniquement si le salarié a droit à des RTT et si cela est prévu dans le contrat ou l’accord d’entreprise. Sinon, ils ne sont pas rémunérés.








